La situation sociale de Mayotte était au centre des échanges ce mardi 8 septembre à l'Assemblée nationale. Christophe Le Droumaguet-Paris, secrétaire général adjoint de la préfecture de Mayotte et commissaire à la lutte contre la pauvreté, a été entendu par la commission d'enquête consacrée à l'augmentation de la pauvreté en France.
Une commission sur les conséquences de la précarité
Cette commission travaille notamment sur les conséquences de la précarité pour les travailleurs âgés et les personnes âgées, mais aussi sur les réponses apportées par les pouvoirs publics. Pour cette audition, le représentant de Mayotte est intervenu aux côtés de Frédéric Sautron, sous-préfet chargé de la cohésion sociale et de la jeunesse à La Réunion.
Des chiffres qui traduisent une réalité quotidienne
À Mayotte, la pauvreté ne se résume pas à une statistique. Elle se traduit au quotidien par les difficultés à se loger, à se nourrir, à se déplacer, à payer les factures ou à trouver un emploi stable. Les données de référence de l'Insee montrent qu'en 2018, 77 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté national. Ce chiffre ancien reste un indicateur fort de l'ampleur des inégalités sur le territoire.
Emploi et logement au cœur des préoccupations
L'emploi demeure également une préoccupation majeure. En 2024, le taux de chômage au sens du BIT s'élevait à 29 % à Mayotte, le niveau le plus élevé de France. Une personne de 15 à 64 ans sur trois était alors en emploi.
Le logement constitue un autre enjeu essentiel. Début 2024, 35 % des constructions de Mayotte étaient encore en tôle, selon l'Insee. Une réalité qui fragilise de nombreuses familles, notamment face aux épisodes climatiques et aux conséquences du cyclone Chido.
Le Pacte des solidarités 2024-2026
L'État déploie à Mayotte le Pacte des solidarités 2024-2026, en lien avec les collectivités et les associations, afin de renforcer la prévention de la pauvreté, l'accès aux droits, l'insertion et l'accompagnement des publics les plus fragiles. Le commissaire à la lutte contre la pauvreté participe localement à la mise en œuvre de cette stratégie, avec le Conseil départemental et les services concernés.
Des solutions attendues au plus près du terrain
Pour les Mahorais, cette audition est surtout l'occasion de rappeler que les solutions attendues doivent répondre aux réalités du terrain : un accompagnement plus accessible, des logements dignes, des perspectives d'emploi et une protection sociale qui progresse réellement pour toutes les familles.



