Par RMV

Un pétrolier suspect intercepté en plein océan Indien
C'est une opération maritime d'envergure qui se déroule actuellement au large de La Réunion. Le pétrolier DF Peak, naviguant sous pavillon béninois, a été intercepté lundi 12 octobre par la Marine nationale à environ 450 milles nautiques, soit plus de 800 kilomètres, au sud de l'île.
Lors du contrôle, les militaires français ont constaté des irrégularités concernant les documents justifiant la nationalité du navire. Sur décision judiciaire, le pétrolier a été dérouté vers La Réunion sous escorte militaire.
Le DF Peak figure sur la liste des navires visés par les sanctions de l'Union européenne. Il est soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe, un réseau de pétroliers utilisés pour exporter des hydrocarbures en contournant les sanctions internationales.
Une surveillance renforcée dans la baie de La Possession
Arrivé ce jeudi 15 octobre au matin dans la baie de La Possession, le pétrolier a été placé sous surveillance des autorités françaises. Une décision administrative d'immobilisation avait été prise dès le mercredi 14 octobre.
Afin de garantir la sécurité de la zone, la préfecture a interdit toute circulation maritime et toute activité nautique dans un rayon de 500 mètres autour du point de mouillage du navire.
Cette interdiction concerne notamment les embarcations de plaisance, les activités sportives et les autres déplacements maritimes non autorisés. La zone fait également l'objet d'une surveillance aérienne, notamment par hélicoptère.
Ces mesures visent à sécuriser les opérations et à permettre aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations dans des conditions adaptées.
Le capitaine chinois placé en garde à vue
L'enquête judiciaire a connu une nouvelle évolution ce jeudi matin. Selon le parquet de Saint-Denis, le capitaine du pétrolier, de nationalité chinoise, a été placé en garde à vue à 7 h 55.
Il est soupçonné de ne pas avoir été en mesure de justifier la nationalité de son navire lors du contrôle effectué en haute mer.
Cette infraction est passible d'une peine pouvant atteindre deux ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende. Une confiscation du navire pourrait également être prononcée par la justice.
Les investigations doivent désormais permettre d'identifier précisément le propriétaire et l'armateur du pétrolier, ainsi que les conditions de son exploitation.
Cette affaire illustre le renforcement des contrôles maritimes français dans l'océan Indien, une zone stratégique pour les échanges commerciaux internationaux.
À ce stade, le capitaine bénéficie de la présomption d'innocence. L'immobilisation du DF Peak et la poursuite de l'enquête restent au centre de cette opération suivie de près par les autorités.